Compte-rendu de l’assemblée féministe

Altersommet - Athènes 2013 Assemblée féministe

Sont présentes des femmes d’Italie, de Belgique, France, Portugal, Autriche, Grèce, Pologne, Hongrie, Espagne... (une bonne centaine de personnes )

Animation par Dimitra (Grèce) et Frédérique Payen (France)

L’assemblée femmes est le point de lancement de l’AS et ce n’est pas un hasard, nous devons parler d’une autre Europe, faire des projets alternatifs mais pas sans une vision féministe. C’est un message fort. Le but de cette assemblée est la convergences entre nos luttes et le manifeste de l’AS.

Plusieurs question doivent être posées et discutées : quelles sont les convergences entre les luttes dans les différents pays ? Quels sont nos allié-es, adversaires ? Comment faire pour ça s’articule avec les autres sujets ? Comment mobiliser les femmes et pas seulement les féministes ? Quels messages, slogans, mots d’ordre ? Quelles activités ? Quelles cibles ?...

Les luttes des femmes grecques

Anna (Centre d’étude des femmes)

Objectif de son organisation est de créer des forums où les femmes peuvent se rencontrer à travers l’Europe, pour créer de nouveaux modèles et un agenda commun féministe.

Chômage des femmes et emploi : La Grèce a connu une diminution de la participation des femmes au marché du travail. Depuis 2009, beaucoup moins de femmes actives, augmentation constante et très forte du chômage. 7 femmes sur 10 sont au chômage.

Et même les femmes qui travaillent sont souvent dans la précarité : travail mal payé, pas stable, sans sécurité sociale.

Déclin dans le secteur public, dans lequel travaillaient de nombreuses femmes.
Réduction des allocations, notamment pour les congés maternité.

Maternité : de moins en moins de choix entre les hôpitaux (publics ou privés), les femmes sont parfois obligées de donner naissance chez elles. Ce n’est qu’un exemple de la pauvreté galopante en Grèce.

Ici comme partout ailleurs, les femmes sont les premières touchées par la pauvreté.
De nombreuses structures sociales qui s’occupaient des enfants, des personnes âgées, etc. disparaissent.

La participation des femmes au travail augmentait mais elle recule à nouveau, elles retournent chez elles. À la TV, on peut voir beaucoup d’émissions de cuisine, elles sont encourager à cuisiner et s’occuper des enfants. Ce sont elles qui doivent prendre soin des autres donc elles n’ont pas de temps pour elles. De nouvelles inégalités apparaissent.

Deux revendications :

Les politiques d’austérité ne doivent pas affecté consciemment un genre plus que l’autre.

L’administration grecque dit « si femmes sont négligées, c’est toute la société qui est négligée ». Les femmes sont citoyennes et elles doivent participer aux actions.

Nous devons faire pression sur les gouvernements et la troïka pour mettre en avant la pauvreté des femmes et lutter contre les mesures misent en place.

Le mouvement féministe est en train de diminuer : Non à la fermeture des organisations qui s’occupent des femmes.

Vera (Initiative féministe pour élimination des violences faites aux femmes en Grèce)
Cette organisation travaille à identifier le problème des violences domestiques. Nous luttons depuis quelques années mais aucune réponse et beaucoup d’établissements ferment. Il y a d’autres problèmes qui concernent les femmes mais celui de la violence domestique est toujours bien présent. Et les faits sont souvent impunis, c’est un manque de démocratie grave.

De nombreuses femmes sont misent en prison. Dénoncer la loi qui oblige les femmes à faire des tests sanguins avant d’être emprisonnées. Si on poursuit les femmes qui ont le sida, pourquoi on ne poursuit pas les hommes ?!

Beaucoup de luttes et deux grands événements notamment ont été organisés (manifestation devant les prisons, devant les ministères...) les femmes en question ont été libérées. C’est une victoire pour notre organisation.

Manif aussi contre le meurtre d’une jeune femme. Dénonce l’homophobie et soutien des femmes lgbt. Soutien les luttes écolo (notamment sur l’extractivisme).
soutien aux femmes issues de l’immigration, victimes de graves discriminations et toutes celles qui n’ont pas la parole.

Nicoletta (IFE, Italie) et Evelyne (Belgique) sur la situation des femmes en Europe
Voir le texte de leur intervention !

Une représentante des femmes en lutte dans les mines d’or au nord de la Grèce
Les problèmes auxquels nous faisons face ici sont présents dans toutes les parties du monde.

Nos actions ont commencées avec la campagne Eldorado Gold. Les sociétés et organisations locales ne sont pas différentes des autres organisations capitalistes : un modèle individualiste où les gens essaient de s’enrichirent au lieu de se concentrer sur les problèmes de la vie quotidienne. Nous avons oublié que ce sont les peuples locaux qui sont à la base de l’économie.

A partir de juin 2012, des compagnies multinationales ont commencé la destruction et l’exploitation de la région d’Halkidiki. C’est une intervention barbare dans une zone petite et très peuplée, avec une richesse culturelle traditionnelle très importante. Les nouvelles carrières et activités minières ont un impact très fort sur l’environnement en matière de pollution.

Les habitants locaux n’ont aucun droit sur ce qu’il s’y passe. Les personnes de la région ont été briefées par des économistes indépendants, préparés à ce que la région ne soit plus touristique mais industrielle. Ces chantiers défigurent la région, font disparaître un grand nombre d’emplois agricoles.

Les femmes d’ici, comme partout ailleurs, n’avaient pas leur mots à dire mais ces dernières années, nous avons assisté à une répression très violente de la part de la police grecque. Des personnes innocentes ont été arrêté et jetées en prison. Les mères s’opposent à ce fascisme, nous ne nous laisserons pas faire pas un état totalitaire, nous refusons d’être des témoins passif de cela. Nous voulons un meilleur futur. Jusqu’à maintenant, nous pensions que la police était là pour protéger les citoyens et le gouvernement pour défendre les intérêts du peuple mais ils ont soutenu des arrestations brutales, l’invasion des écoles, des maisons, des droits bafoués...

Nous sommes considéré comme terroristes, arrêtés dans nos maisons, la nuit, sous les yeux des enfants comme des criminels.

Victimes de grandes violence et de répression par la police grecque, nous demandons aux autres femmes de nous rejoindre dans la lutte. Nos enfants ont la priorité sur les intérêts économiques.

Nous dénonçons les procédures arbitraires et brutales qui ont eu lieu pour casser notre mouvement, demandons la libération de nos enfants et une justice transparente.

Interventions :

- Dénoncer la violence de la police. Tension et augmentation des tortures et violences de la part de la police contre des manifestants dans Athènes. Des prisonniers ont été torturés. Les femmes arrêtées par la police sont harcelées. Procès en juin : deux femmes ont porté plainte contre la police pour les avoir forcées à se déshabiller en public.

- Revendiquer le droit au choix : plus de 70 femmes ayant accouché chez elles + des sages femmes sont poursuivies en justice

- Dénoncer les problèmes des migrantes en Grèce, victimes de discriminations plus fortes encore

- Volonté de parler d’une seule voix, nous faisons toutes des actions dans nos pays mais nous sommes faibles dans la coordination des luttes

- Les femmes sont au cœur des structures de solidarité qui se développent dans le pays pour lutter contre les politiques d’austérité. Elles sont en 1ere ligne pour les initiatives de solidarité, trouver des solutions aux problèmes quotidiens (alimentation, logement, santé, éducation...).

- Création à Florence 10+10, d’un réseau italien « femmes dans la crise » pour rassembler les nombreux groupes féministes italiens et lutter concrètement contre la crise. Concentrées pour le moment sur l’accès à la santé des femmes. Si on ne change rien, l’Italie va devenir comme la Grèce, dans le sud, c’est même déjà pire. Actions concrètes de solidarité avec Ellinikon, dispensaire social autogéré à Athènes.

- difficulté au Portugal car tous les jours, de nouvelles mesures d’austérité. Le mouvement féministe est fragile. Contre l’austérité, nous avons proposé un audit citoyen de la dette, avec prise en compte du genre, participation à la campagne féministe anti austérité de la Marche Mondiale des Femmes (texte commun avec des propositions et des dates d’actions communes)

- Rappel de la nécessité du combat pour la protection de l’environnement

- Dénoncer l’hégémonie de la famille hétérosexuelle dans la société

- La situation est sérieuse, le mouvement féministe voit ses acquis remis en cause, il faut les défendre. L’État social grec est en train d’être détruit et nous faisons face à une crise humanitaire (mortalité infantile qui explose et atteint celle de la 2nd guerre mondiale). On nous a déclaré la guerre sociale

- Apparition d’un nouveau fascisme en Europe. Importance de lutter contre l’avancée des néo-nazis

- Intervention sur la situation des femmes en Tunisie, société patriarcale et pleine de tabous

- Campements des jeunes féministes d’Europe organisés par la MMF, non mixte, organisés en autogestion, pour lutter contre le patriarcat et le capitalisme. Ces campements ont été à l’origine d’autres projets (pour le droit à l’avortement en Europe, une action de solidarité entre les femmes turques et arméniennes pour la paix). Campagne de donation pour le prochain camp au Portugal.

- Nous ne sommes pas seules, il y a des femmes anticapitalisme qui se battent contre la patriarcat dans le monde !

Les thèmes sur lesquels ont se retrouve :

- l’accès à la santé (en tant que travailleuses et bénéficiaires), le travail des femmes (nécessaire à l’émancipation), les violences contre les femmes

- Combattre les banques

- L’État social

- L’accès à la santé, thème qui réunit beaucoup de choses : financiarisation de la santé, emploi des femmes, droit à disposer de son corps...

Propositions d’actions :

- Faire un cortège féministe dans la manif demain / rejoindre et participer à l’Athens pride samedi

- Joindre les autres actions de l’AS

- Faire une campagne coordonnée

- Créer une coordination pour défendre la santé des femmes au niveau européen / une campagne européenne pour la santé de toutes et tous

- Interpellation collective dans nos pays pour les élections européennes / Profiter de l’élection européenne pour interpeller les candidats. Action symbolique forte.

- Date commune d’action / On peut imaginer un jour par mois (le 1er vendredi ou autre) où l’on fait une action commune des femmes pour montrer à chaque fois une facette des politiques d’austérité

- Grève générale européenne nécessaire

- Rencontrer les militantes locales dans chaque pays pour créer des comités d’action et renforcer le mouvement féministe qui est fragile

Proposition slogan commun : « Esclaves ? Ni du foyer, ni du capital ! Insurrection féministe globale »

Clôture de l’assemblée

Difficulté à dépasser les constats et entrer dans les propositions. Volonté d’une coordination plus efficace, il nous faut mieux connecter les réseaux existant (MMF, IFE, réseau des femmes européennes...). Il y a des convergences autour d’actions sur la santé. Il est important que des féministes soient aussi dans les autres assemblées de l’AS.